Virginie Caubert
Accompagnement de santé holistique à Aix-en-Diois
 
Pont de quart, 26150 Solaure-en-Diois
 

Qu'est-ce que le temps du vivant?


Ou pourrais-je aussi bien questionner : qu’est-ce que le temps ? tant ce paramètre aussi banal que notre quotidien échappe, dans son essence, aux définitions évidentes. Ou bien encore, la question pertinente serait peut-être : qu’est-ce que le temps pour vous aujourd’hui ? tant son appréciation est subjective et fluctuante.

 

Mais j’ai choisi aujourd’hui de vous parler du temps du vivant, peut-être parce qu’il nous est moins familier que le temps chronométré qui rythme notre société : un temps arbitraire et uniformisé qui conditionne tant d’éléments de notre vie depuis la tendre enfance – horaires du quotidien, travail, école, repas… ; balises temporelles au cours d’une vie – la petite enfance, puis l’école, le collège, le lycée, l’université, les années professionnelles avant l’âge de la retraite, troisième et quatrième âges… chacun à sa place sur la ligne chronologique.

 

La plupart d’entre nous sommes imprégnés très tôt d’une forme de « norme temporelle » de laquelle il sera parfois délicat de s’extraire : « A tel âge / à telle heure… ça ne se fait pas ! ». Ce temps-là, nous le connaissons tellement, depuis toujours ! Il nous a formatés à son image, systématique, efficace, rentabilisable et monnayable, si bien que nous en avons parfois perdu la conscience, c’est-à-dire que nous avons rarement conscience de ce qu’il induit dans nos choix, nos priorités de vie, même s’il est au cœur de chaque journée, impulsant un tempo soutenu et accéléré.

 

Sur cette définition collective des étapes temporelles d’une vie à toutes les échelles, chacun a son propre référentiel de ce qu’est « le bon moment », le « trop tôt » ou le « trop tard », comme autant de points de vue d’une mosaïque souvent très rigide.

 

Les grecs appelaient ce temps-là le chronos, temps linéaire qui justement se chronomètre – se mesure, se quantifie ; il a donc une valeur, et pas seulement en heure, minutes et secondes, valeur qui semble subir une certaine inflation (ou une inflation certaine), au gré de l’évolution des technologies modernes et de la réactivité toujours plus immédiate qu’elles génèrent.

 

En regard de ce « temps du monde », comme j’aime l’appeler, il y a le « temps du vivant ». Que nous enseigne la nature, si nous l’observons ? Le temps se déploie en cycles qui se superposent et se succèdent : alternance du jour et de la nuit, cycle lunaire, cycle solaire et des saisons, et des cycles bien plus longs encore, comme le cycle de précession des équinoxes,[1] d’une durée de 25 920 années, qui échappe par sa longueur à notre expérience. Chaque cycle propose une alternance de phases qui se reproduit, non pas à l’identique mais selon un schéma récurrent : d’une année à l’autre, les saisons n’ont pas les mêmes caractéristiques, même si irrémédiablement le printemps succède à l’hiver.

 

Pour cela, il me paraît plus ajusté de représenter ces cycles non par un cercle fermé mais par un mouvement spiralé qui repasse par les mêmes étapes mais avec des paramètres différents.

Ainsi, ce temps cyclique pourrait figurer sur une spirale et, alors que le temps du monde s’accélère et se rétrécit (comme si on suivait la spirale vers le centre), le temps du vivant se dilate et s’expanse à travers des instants d’éternité ; ce pourrait être la même spirale qui se déploie cette fois vers l’extérieur. Dans ce renversement de mouvement (ou de paradigme), de quantifiable, le temps devient sans mesure. C’est ce que j’appelle le temps du vivant, un temps long qui accompagne le jardinier de la semence (et même avant, la préparation de la terre) à la récolte, sur lequel nous n’avons pas de prise directe. Quel semeur anticipe la date de la moisson ou des vendanges ? Ca dépend et ça nous échappe. C’est pareil dans le cadre de la santé ou de la maladie : quelle durée avant la cicatrisation ou la guérison ? quelle période de convalescence ? Ou encore, quel cycle de nos énergies, de nos hauts et de nos bas, de nos phases d’expansion et de nos phases d’introspection ?

 

Ce temps-là suit son cours indépendamment de nous, de notre volonté, de notre pouvoir de décision. Partant de là, deux possibilités nous échoient : le subir ou faire alliance avec lui. Le subir, car il n’est pas fiable, certain, résolu et prévisible, conformément au modèle valorisé par notre quête éperdue d’une sécurisation absolue. Oui, c’est agaçant de constater, ô combien de fois, que toutes nos planifications, toutes nos projections anticipatrices, peuvent être remises en question, proprement et simplement, voire définitivement, par le caprice de circonstances qui nous échappent !

 

Ou faire alliance ? François Garagnon écrivait plus poétiquement : « Respecter le rythme des éclosions subtiles. »[2] Quelque chose comme « Ne rien attendre et tout recevoir », un état d’ouverture, d’acceptation confiante, attentive. Non pas une posture de démission : « Puisque cela nous échappe, laissons-nous dériver au gré des courants ! », plutôt le choix délibéré de vivre pleinement chaque instant, nous en délecter quand cela est possible, les embrasser toujours, n’en esquiver aucun, même les plus inconfortables. Instants d’éternité, certes, qui par l’intensité de notre présence trouvent leur consistance et leur profondeur, en même temps instants éphémères illustrant l’impermanence du vivant.

 

Sommes-nous prêts
à nous laisser recréer totalement à chaque instant de notre vie ?

A être surpris par toutes les possibilités que nous n’avions pas imaginées ?
A moins considérer le résultat et plus le processus ?

 

Qu’y a-t-il de plus miraculeux pour un cerisier par exemple : produire une certaine quantité de cerises à une date convenue ? ou bien amener à maturité chaque fruit depuis son bourgeon ? N’y en aurait-il qu’un seul, cela ne serait-il pas merveilleux tout de même ? Et la jouissance de cette unique cerise ne serait-elle pas incomparable ?

 

 

 

C’est juste une question de point de vue. Et notre relation au temps, aussi. Il ne s’agit certainement pas de rester figé dans une perspective, que ce soit celle du temps du monde ou celle du temps du vivant. Les deux cohabitent dans notre expérience de tous les jours. Que faudrait-il alors pour donner de l’espace à chacune d’elle et retrouver la liberté de choisir, en toute circonstance, la plus épanouissante pour nous ? Comment ces considérations théoriques, voire philosophiques, peuvent-elles prendre corps dans la réalité du quotidien ?

 

A cette question je répondrais que chaque instant recèle en lui-même l’opportunité concrète de faire de ce choix. La verrez-vous ? Oserez-vous la saisir ?

 

Je répondrais aussi que c’est justement l’intention de la retraite naturopathique L’Art de prendre son temps que de se donner l’espace et la disponibilité d’observer avec plus d’acuité sa relation au temps et la possibilité de la vivre différemment. Avec le soutien de ressources choisies (odeurs, sons, souffle, mouvement…) et d’ateliers spécifiques (individuels et en groupe), le support du groupe, cette retraite peut constituer pour vous le creuset alchimique d’une transformation profonde de votre relation au temps autant qu’une parenthèse de temps suspendu dans un quotidien qui a peut-être tendance à déborder. Prendre de la hauteur, aiguiser son attention, affermir sa souveraineté pour pouvoir surfer sur les vagues du temps avec enthousiasme ! Qu’en dites-vous ?

 

Peut-être est-ce justement le bon moment pour vous, un rendez-vous avec vous pour vous donner la possibilité de transformer, à votre mesure, la course que le temps imprime à votre vie ? Ce moment opportun, c’est ce que les grecs appelaient kairos, le temps des opportunités, un instant fugace où tout peut basculer parce que « les planètes sont alignées » et que vous le choisissez. Pour moi, cela résonne avec un saut quantique : d’un coup, quelque chose devient possible qui ne l’était pas auparavant et il y a changement de niveau d’énergie. Au plan de l’humain, cela correspondrait à un changement de conscience, à savoir un renversement complet de la situation dans sa nature et les possibilités qu’elle offre simplement parce que vous la considérez différemment.

 

A l’aube de la rentrée, le temps serait-il venu pour vous d’amorcer ce nouveau cycle sur un autre rythme, avec de nouvelles ressources, en choisissant de marcher la spirale du temps dans le sens de l’expansion – et je parle ici de l’expansion de la vie dans votre existence, de l’expansion du vivant en vous ?

 

La retraite naturopathique L’Art de prendre son temps se tiendra du 21 au 24 septembre dans la Drôme. Retrouvez toutes les informations ici.

 

Pour revenir au temps du vivant, l’accompagnement naturopathique s’inscrit dans cette spirale du temps long. C’est peu à peu, un changement d’hygiène après l’autre, que se tissent les conditions optimales de la santé. Comme un jardinier va parfois fertiliser et d’autres fois tailler, dans la durée peuvent alterner des moments pour assainir et des moments pour vitaliser, des moments d’apaisement et des moments stimulants, chacun contribuant à recouvrer l’équilibre global et à le préserver. Et c’est souvent dans les petites choses intégrées au quotidien sur le long terme que la différence se fait réellement. L’article consacré à l’hygiénisme traite spécifiquement de ce sujet.

 

L’assiduité, donc, la persistance et la confiance dans le processus plutôt que l’attente d’une résolution rapide ou miraculeuse, telle est la clé de l’accompagnement naturopathique et de l’évolution de santé dont vous pouvez bénéficier ainsi. La patience et l’amour d’un jardinier pour sa terre afin de la voir prospérer. Un défi à relever, jour après jour ! Et comme ce défi est de taille, comme le temps qui sépare deux consultations en naturopathie est relativement long (un mois, ou deux ou trois, voire six mois, selon les personnes), je lance à la rentrée le podcast Prendre soin de l’être, comme une main courante pour faciliter cette régularité. Retrouvez-moi chaque vendredi, ou plutôt, prenez rendez-vous avec vous chaque vendredi, pour prendre soin du précieux de la vie en vous.

 


[1] Le cycle de précession des équinoxes résulte d’une fluctuation dans la direction de l’axe de rotation de la terre.

[2] François Garagnon, Joy et la divine quête du bonheur, ed. Monte-Cristo 2006

 

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